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jeudi 23 janvier 2014

Exagération


Sauriez-vous corriger cette phrase? Il est rare que Michel Villeneuve se barre les pieds dans les fleurs du tapis de la langue française...


lundi 20 janvier 2014

Onze mots

© amanky / Flickr
Un gazouillis de Régis Jauffret est paru sur Twitter. Le voici : 

Voici donc sans plus tarder lesdits mots: 
Cafuné (portugais du Brésil) : caresse dans les cheveux.
Jayus (indonésien) : blague tellement mal racontée et pas drôle qu’elle finit par faire rire.
Kaapshljmurslis (letton) : sensation d’être serré dans les transports en commun.
Kalsarikännit (finnois) : se bourrer la gueule seul chez soi.
Layogenic (tagalog, langue des Philippines) : personne attirante mais seulement de loin.
Pana Po’o (hawaïen) : se gratter la tête pour aider à se souvenir.
Schadenfreude (allemand) : joie tirée du malheur d’autrui.
Slampadato (italien) : individu accro aux cabines UV.
Tartle (écossais) : moment gênant où l’on a oublié le prénom de quelqu’un alors qu’on fait les présentations.
Voorpret (néerlandais) : sentiment d’excitation ressenti à l’approche d'un super événement. 
Bon, il est vrai que certains mériteraient d'être plus courts! 

vendredi 13 décembre 2013

P.K. ! P.K. !

Un bon nombre de partisans du Tricolore souhaite que P.K. Subban signe une longue prolongation de contrat les Canadiens de Montréal cette saison. Le défenseur de 24 ans a remporté le trophée Norris lors de la campagne 2012-2013 et cette année, l’athlète originaire de Toronto connaît encore du succès dans l’uniforme du CH.
Vendredi, après l’entraînement des siens, Subban a abordé le sujet voulant que les joueurs qui paraphent une longue entente à Montréal doivent parler français.
« Apprendre le français, c’est important pour moi. Il ne faut pas oublier que nos amateurs, en grande partie, sont francophones », a dit Subban
« Je dois en faire plus. C’est ma quatrième année ici. J’ai beaucoup d’amis à Montréal et je suis conscient de la culture du Canadien. Et les gens apprécient ça. Ça doit être une priorité (de parler français) pour les joueurs qui sont ici (à Montréal) pour longtemps », a-t-il précisé.
« Tu as beau savoir qu’il y a des tas de gens qui parlent anglais à Montréal, il ne faut pas oublier que nous sommes au Québec. Le Québec, c’est grand. »
Bref, avec les propos mentionnés précédemment, Subban vient probablement de se faire plusieurs autres admirateurs. Plusieurs amateurs de hockey, et plus précisément des Canadiens, apprécieront le point de vue du « quart-arrière » du CH par rapport à la langue de Molière et les francophones qui sont fanatiques du club montréalais. 
Merci à www.25stanley.com pour l'article! 

lundi 7 octobre 2013

Au niveau de ...

On ouvre la semaine avec une phrase dont la syntaxe est plutôt douteuse. Peut-être a-t-elle été victime d'une commotion cérébrale. Ainsi, lisons un peu ce que l'entraîneur des Canadiens de Montréal a à nous dire ...



Ouf! Que dire de tout ça? Eh bien, on peut apprendre que la locution « au niveau de » ne peut s'employer que dans les cas où on parle de hiérarchie ou de hauteur. (C'est une règle que j'enseigne dans mes cours!) Ainsi, on peut dire: « Au niveau de la direction du Canadien de Montréal, tout semble aller. » ou « La rondelle est restée au niveau de la glace toute la soirée. » (L'affirmation est évidente me direz-vous...m'enfin.)

On s'essaie à corriger la phrase de Therrien? C'est que si on lit sa pensée, on dirait que le désir énoncé là est celui d'avoir davantage de blessures.

Donc, ça pourrait ressembler à ça: « Quand l'équipe est victime de plusieurs blessures, il faut être en mesure de trouver des remplaçants efficaces. »

mardi 28 mai 2013

Le Robert 2014 sort...le 6 juin.

Selon Livres hebdo.fr 

Le Robert 2014 surfe sur les tendances

Publié le 28 mai 2013 par vt
Du mariage pour tous au microblog, de fricadelle à choupinet, le Petit Robert annonce ses ajouts pour l'édition 2014, qui comprend également Marc Dugain, Maryse Condé et Yasmina Khadra.
Ai Weiwei, Marc Dugain, Maryse Condé, Mo Yan entrent dans Le Robert illustré, qui paraîtra le 30 mai, et Yasmina Khadra, Marie Laberge, Jonathan Littell, Alice Munro sont les nouveaux auteurs inscrits dans Le Petit Robert de la langue française 2014, en librairie le 6 juin.

Parmi les nouvelles personnalités on trouvera également Cristiano Ronaldo, Lionel Messi, Michel Hazanavicius, Jafar Panahi, Harlem Desir, Pauline Marois ou encore le pape François.

Le dictionnaire a ajouté 150 citations nouvelles parmi lesquelles celles de Jean Echenoz (Des éclairs), Annie Ernaux (Écrire la vie), Marie Darrieussecq (Clèves), Marc Dugain (Avenue des géants), Fred Vargas (L'Armée furieuse), Emmanuel Carrère (Limonov), Delphine de Vigan (Rien ne s'oppose à la nuit), Sorj Chalandon (Retour à Killybegs), Carole Martinez (Du domaine des murmures), Grégoire Delacourt (La Liste de mes envies), Alexis Jenni (L'Art français de la guerre), etc.

Le triple A, l'aquoibonisme, la bien-pensance, le low cost, le mariage pour tous (mais aussi ses déclinaisons : le mariage homosexuel et le mariage gay) sont parmi les mots de l'actualité qui ont été intégrés dans cette nouvelle édition. Plus communément, il sera désormais possible d'utiliser des mots comme bombasse, choupinet, clasher, kéké, ou modeux. Et même énorme aura son équivalent contemporain avec hénaurme. De quoi se perdre en orthographe.

Des termes comme clasher, décomplexé, microblog, viralité, ou des expressions comme bulle médiatique et être dans la boucle ont été ajoutées. Le sens ami, lié aux réseaux sociaux, fait son apparition. On pourra désormais dire de La vie d'Adèle que c'est un film palmé. Des mots francophones comme bas-culotte, fricadelle, agender et matoutou sont aussi mis à l'honneur. Le printemps (d')érable n'a pas été oublié.

Enfin, dans le Petit Robert des noms propres, en librairie le 13 juin, de nouveaux livres sont insérés : Oh...de Philippe Djian, Emmaüs d'Alessandro Baricco, Grand maître de Jim Harrison, Moi, René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag IIB de Jacques Tardi... Le film L'écume des jours de Michel Gondry est désormais mentionné.

Déjà on voit des mots nouveaux dans les fils Twitter:


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Semble-t-il qu'il sera possible de lire ou d'utiliser le mot kéké. Bon sang, je suis presque visionnaire! Je parlais justement de Kéké Rosberg dans le paragraphe discutant de la Formule 1. 

Professeur Dom dit Le Clairvoyant Collard. 

lundi 13 mai 2013

Foglia se fâche (Chronique de Foglia dans La Presse du 13 mai 2013


PIERRE FOGLIA
La Presse
Le français gagne du terrain, titrait mon journal jeudi. Je ne doute pas des statistiques, mais la manchette m'a quand même laissé songeur. C'est que, voyez-vous, ce même jour, je signais dans le même journal une chronique, en français, qui a suscité autant d'incompréhension que si je l'avais écrite en polonais. Alors peut-être bien que le français gagne du terrain en cela qu'on le parlerait de plus en plus dans la grande région de Montréal, mais se pourrait-il qu'on le comprenne de moins en moins?
Je sais que vous êtes quelques-uns à penser que je n'ai écrit ma dernière chronique que pour le plaisir d'y revenir. J'y reviens alors, juste un court extrait qui me servira de baromètre à mesurer la littératie ambiante. Littératie: la notion de littératie recouvre les fondamentaux - lecture, écriture - indispensables pour fonctionner dans une société de culture écrite.
Je revenais donc dans cette chronique sur le coming-out de Jason Collins, joueur de la NBA de sept pieds, mon intention était de déconner sur le sport, dernière planète où cela fait encore les manchettes d'avouer être gai. Je commence par prêter à Jason Collins d'avoir inventé sa gaititude pour se rendre intéressant, ce passage: Gai? Allons donc, un grand garçon comme lui! La moyenne des gais c'est quoi, cinq pieds six? cinq pieds sept?
Je le dis gentiment: les lecteurs qui ont passé tout droit à cet endroit ne savent pas lire. Une dizaine de courriels, c'est énorme pour me dire: où êtes-vous allé chercher que la moyenne des gais était de cinq pieds six, cinq pieds sept? Et plusieurs dizaines d'autres pour me dire que j'étais homophobe. Vous me lisez depuis combien de temps? Vingt ans? Trente? Comment pouvez-vous me prêter l'intention d'écrire sérieusement que «sauf pour ce joueur de basket, il n'y a pas de gais dans le sport professionnel» ? C'est ma culture, le sport, le milieu que je connais le mieux. Et quand j'écris que le sport est le refuge des vraies valeurs, en 30 ans, quand m'avez vu entendu parler sérieusement de vraies valeurs?
Je m'inquiète en terminant: «Où la jeunesse ira-t-elle maintenant chercher ses modèles?» M'avez-vous déjà entendu parler de «modèles pour la jeunesse» ? Vous savez où je me les mets, les modèles pour la jeunesse?
Ce qui me fait freaker comme un fou - et ça date de bien avant cette chronique -, c'est le sentiment d'arriver au bout de... de quoi? Du millénaire Gutenberg? De l'ère de la culture écrite.
Le tiers de la population du Québec est presque analphabète; 35% des jeunes de 15 à 25 ans sont analphabètes, leur niveau moyen de littératie est tout juste suffisant pour leur permettre d'envoyer un texto. Mais ce qui me fait vraiment capoter, c'est autre chose. C'est cette statistique, non disponible, qui nous dirait combien chez ceux capables de traiter et comprendre un texte complexe, combien lisent pour le plaisir de lire, lisent pour lire, pour rien, sans se demander: quécéquiveutdire?
Ce qui me fait le plus freaker, c'est ça: notre frénétique et incessante quête de sens. Notre empressement à fabriquer du sens tout le temps, à le shooter partout comme de la marde et, bien sûr, à s'irriter du moindre contresens.
Quécéquidit?
Y dit que les pédés sont de taille moyenne et mangent à des heures régulières.
On me répète bien sûr que l'écriture, la lecture n'ont pas toujours existé, qu'elles n'existeront pas toujours, ni la forme d'intelligence qu'elles déterminent...
Quelle sorte d'intelligence déterminent les technologies numériques? J'aimerais venir le constater dans 400 ans... En attendant, je crois comme Nicholas Carr, ce blogueur américain interviewé dans Québec Science par Elias Levy (numéro de mars), je crois qu'on confond intelligence et vitesse.
Bref, vous ne devriez plus lire cette chronique d'un autre temps si vous êtes pressé. Et encore moins la lire si vous cherchez du sens. Y en a pas.
LECTURES - Parlant de livres, je me demande si je ne suis pas bipolaire. J'entre parfois à ma librairie de reculons, levant le nez sur tous les titres - ah non pas ça, ah non pas lui. L'autre jour, c'était le contraire. J'étais allé me chercher le Robert Lévesque - Digressions - que j'avais fait mettre de côté, et puis me voilà à feuilleter Louis Cornellier, que je lis tous les samedis dans Le Devoir. Envoye donc le Cornellier, et puis le Tom Wolfe, Bloody Miami et quatre autres dont un pour la couverture - une jeune femme au visage de cire dans une chemise de nuit rose - Les portes closes de Lori Saint-Martin. J'en avais pour... pour cher.
Je suis rentré à la maison , je les ai tous mis sur la table à café. Voyons, par lequel avais-je le plus envie de commencer?
Finalement j'ai allumé la télé et j'ai regardé le hockey.
LA FÊTE DES MÈRES - C'est pas pour faire mon comique, mais demain, c'est la fête des Mères, qu'il ne faut pas confondre avec la fête des Maires, qui avait lieu jeudi dernier à Laval. Parlant de mère toujours, celle de l'ex-coureur Tyler Hamilton, longtemps fidèle lieutenant de Lance Armstrong, a dû être drôlement contente quand elle a vu que Tyler lui dédiait son livre La course secrète.
Dans ce livre, Tyler raconte qu'il s'est fait faire des transfusions sanguines, qu'il a pris des tonnes d'EPO, de la Cera, de la testostérone, de la gonadotrophine, des corticoïdes, des hormones, de l'humatrope, de la nandrolone, du salbutamol, de l'IGF-1, de la tétracosactide, du synacthène... Ça parle de dope à toutes les pages sauf la deuxième, réservée à la dédicace: à ma maman.

vendredi 10 mai 2013

Un gain de terrain

La une d'hier, le jeudi 9 mai, du journal montréalais La Presse avait quelque chose d'intéressant et de surprenant à raconter à propos du monde linguistique québécois, à savoir un gain de popularité (peut-on appeler cela ainsi?) pour les immigrants qui viennent s'installer chez nous.

Pour être bien honnête, il y a longtemps que je souhaitais présenter dans le blogue du Participe la une d'un grand quotidien et non pas celle d'un tabloïd.

« Non, madame, ça c'est le Journal de Québec. Nous, c'est le journal Le Soleil. Non, eux, c'est un tabloïd  nous, c'est un vrai journal. Oui, c'est ça, le grand format. Ça n'entre pas dans votre boîte aux lettres...» - Robert Lepage, La Face cachée de la Lune. 

Il m'arrive parfois de consulter quelques pages frontispices, notamment celle du L.A. Times de même que celle du Devoir afin de m'informer très rapidement de tout ce qui a pu se passer dans le monde. Mais ce sont rarement des bonnes nouvelles qui nous sont présentées. (Je retiens toujours un peu mon souffle en regardant le travail du New York Post sachant fort bien que celui-ci bâtira sa une en axant ses nouvelles sur les trois grands thèmes des journaux à sensation que sont le sang, le sexe et le sport. ) 

De là tout l'intérêt de montrer cette nouvelle concernant la langue de Molière. Mais, disons-le entre nous, il ne la reconnaîtrait guère s'il pouvait l'entendre aujourd'hui après 4 siècles d'interruption. S'écrierait-il « Ah! c'est du joli! » tout comme le titre de la chronique de Foglia?

- Professeur Dom qui a remarqué que le titre d'un autre article de cette une est emprunté à Choderlos de Laclos. Collard.

mardi 7 mai 2013

Le français est mis en échec!

En regardant le blogue du Sportnographe, j'en viens à la conclusion que les gens qui l'écrivent à quatre mains aiment beaucoup le français lorsqu'il est bien parlé. Mais, sur la planète hockey, force est de constater qu'il est sévèrement mis en échec. Comme disait l'un des personnages de François Pérusse : « Ça donne mal à tête. » de l'entendre. - Collard Professeur Dom ou quelque syntaxiquement chose ça comme donné.
Habs Go Go !

Jeu: Corrigez cette phrase afin qu'elle devienne parfaite. Ouf! J'ai hâte de voir les réponses! 

lundi 15 avril 2013

Le joual

Par Marie-Ève Girard, stagiaire au Participe

Michel Tremblay, dramaturge québécois. Crédit photo: www.lapresse.ca
Vous souvenez-vous de la dictée diagnostique qui vous a été donnée en début de session? Il y était question de l’auteur Michel Tremblay et de son œuvre, qui met en avant-plan le joual, un sociolecte1 québécois.



Le terme « joual » fait son apparition dans les années 1930 un peu partout au Canada francophone et ailleurs. À l’époque, le mot sert à ridiculiser des gens appartenant à une certaine classe sociale, qui prononcent « joual » au lieu de « cheval » par manque d’éducation ou par goût.2 Comme vous l’avez sans doute remarqué, il existe deux variations de français au Québec : il s’agit du français international ou encore du français écrit, et du français oral aussi appelé plus communément le français québécois. Le français international est le français qui nous est enseigné dans les établissements scolaires, celui qui est utilisé dans les livres, bref il s’agit d’un français dépourvu de toute connotation et qui demeure le même peu importe le pays francophone d’origine de son locuteur. Le français québécois, quant à lui, est la variété de la langue française parlée par la majorité des Québécois. Il est empreint de certaines particularités linguistiques telles que la disparition du ne précédant le pas dans un énoncé négatif (« Je ne parle pas. » sera dit « Je parle pas. ») et l’ajout de la particule tu lorsqu’on pose une question directe (« Tu y vas-tu? »), pour n’en nommer qu’une infime partie.

Le français québécois lui-même se déploie en un éventail de variétés régionales et l’une d’elle est le joual. Il s’agirait d’une variété issue de la culture populaire urbaine de la région de Montréal. Le joual possède des particularismes phonologiques, lexicaux et morphosyntaxiques proches de ceux de certaines régions de la France (au nord de Bordeaux et à l’ouest de Paris). Les a du joual sont prononcés à l’arrière de la cavité buccale, ce qui les rapproche plus du son o. La diphtongue3 y est fréquente et on y trouve des prononciations telles que moé pour moi et artourner pour retourner.

À partir de 1950, le joual a tranquillement gagné des lettres de noblesse. Certains locuteurs en ont fait leur orgueil, blason de leur fierté d'être Québécois.  L'un des artistes le plus connu de ce courant est nul autre que Michel Tremblay, qui a intégré le joual à ses pièces de théâtre. À l’époque, les normes du théâtre canadien-français étaient basées sur l’élitisme et Michel Tremblay a courageusement brisé les conventions de l’époque en restant authentique et fidèle, jamais honteux, face à la réalité québécoise.
Tintin parle aussi le joual depuis 2009 dans l'une des
 nombreuses traductions de l'oeuvre de Hergé. Crédit image:
http://journalmetro.com/culture/19121/des-le-21-octobre-tintin-parlera-le-joual/

Plusieurs écrivains et artistes québécois s’en sont servis comme véhicule de leur pensée artistique. Le joual a même gagné, au cours d’une certaine époque, une valeur identitaire. 

Aujourd’hui, la définition du terme joual est en flottaison. De nombreux débats linguistiques s’attardent sur le sujet, qu’ils proviennent de Georges Dor4 qui le perçoit de manière très péjorative ou de Marty Laforest5 qui en offre une vision plus compréhensive axée sur des recherches rigoureuses. Quoi qu’il en ressorte, souhaitons simplement que les Québécois prendront un jour conscience de la richesse et de l’unicité de leur variété de français et cesseront de souffrir d’insécurité linguistique.


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1 En linguistique, un sociolecte est le parler d'un groupe social, d'une classe sociale ou de toute catégorie se distinguant par une « culture intime ».

2André Laurendeau, éditeur en chef du quotidien Le Devoir.

3Une diphtongue est une voyelle dont le point d'articulation varie entre deux sons de base pendant sa réalisation. Ex : Ma maère au lieu de ma mère.

4Dor, Georges. Anna braillé ène shot (Elle a beaucoup pleuré). Éd. Lanctôt, 1996,191 p.

5Laforest, Marty. États d’âme, états de langue, essai sur le français parlé au Québec, 1997, Nuit blanche éditeur, 143 p.


vendredi 5 avril 2013

Un Anglais pour protéger le français; un loup dans la bergerie?


Crédit photo: www.jeuenligne.ca
Voilà ce qu'écrivait ce matin Sophie Durocher dans un quotidien bien connu de la région de Montréal. 

Êtes-vous bien assis ? Un Anglais vient d'être nommé à l'Académie française. Voilà, boum.
Oui, vous avez bien lu : c’est un Britannique, dont la langue maternelle est l’anglais, qui n’a appris le français qu’à partir de 11 ans, qui va siéger à la prestigieuse Académie chargée de protéger et valoriser la langue française !


Il va décider quel mot doit entrer dans le dictionnaire ou si on doit changer l’orthographe d’un mot.
Bref, c’est un Anglais qui va nous dire comment parler français !
Vous pensez que « le loup est entré dans la bergerie », ou que « le diable est aux vaches » ? Attendez deux minutes.

Michael Edwards, né à Londres il y a 75 ans, affirme haut et fort que le plus grand danger pour le français … c’est l’anglais!

Michael Edwards. Crédit photo : Le Figaro
Et il affirme que les intellectuels francophones ne devraient pas être forcés de parler en anglais.
Ça, ça risque de faire plaisir à Pauline Marois.
PAS UNE BLAGUE

Je vous avoue que j’ai d’abord cru à un poisson d’avril : un anglophone nommé à l’Académie française, institution qui existe depuis 1635 pour sauvegarder la pureté du français… Diantre!
C’est comme si on nommait un végétarien à la tête de la Fédération des producteurs de porc…
Mais c’est pourtant bien vrai. Michael Edwards est un poète, traducteur, auteur et grand francophile marié à une Française, qui a la citoyenneté française depuis 10 ans et qui s’exprime dans un français absolument impeccable.

Et dans sa première entrevue avec l’Associated Press, il fait des déclarations étonnantes.
ATTENTION DANGER...
Selon lui, le plus grand ennemi du français est l’anglais.

« Je ne pense pas que ce soit de la paranoïa. Je pense qu’ils ont raison. L’anglais est une menace. Mais ce n’est pas le vrai anglais qui menace le français, c’est le mauvais anglais, une sorte de lingua-anglica qui n’est pas correcte et qui envahit le français à travers toutes sortes d’expressions qui sont inutiles. »Il affirme aussi qu’il y a une menace encore plus insidieuse et plus grave encore : de plus en plus on demande aux francophones de communiquer en anglais pour des raisons professionnelles. Il trouve ça « très dangereux ».

« La langue est un organisme vivant. C’est une façon de penser, une mémoire. C’est important qu’un philosophe francophone pense en français sinon il devient rien de moins qu’un philosophe anglais. »

Et Edwards rappelle que la défense du français va en diminuant en France. En 2006, le président
Sophie Durocher, journaliste
Jacques Chirac était sorti d’un sommet de l’Union européenne pour protester contre le fait qu’un homme d’affaires français s’adressait aux membres en anglais. Mais pas plus tard que le mois dernier, à une conférence de presse en Suède, le ministre français des finances a pris des questions en français… et y a répondu en anglais pour satisfaire les interlocuteurs du monde entier…
ANGLAIS = DANGER

Je ne sais pas ce que Michael Edwards penserait du PQ qui encourage ses troupes à refuser de parler anglais au reste du Canada.
Mais j’espère que nos chroniqueurs canadiens-anglais vont lire ce qu’il dit sur la menace de l’anglais.Quand un francophone crie « anglais=danger» il fait rire de lui. Quand c’est un Anglais qui le dit, il va peut-être être pris au sérieux.

jeudi 4 avril 2013

Les pronoms vus par Calvin et Hobbes

Connaissez-vous les merveilleux personnages que sont Calvin et Hobbes, enfants de Bill Waterson? Ces deux amis sont à mon avis les créations les plus rigolotes de toute la BD américaine, Snoopy inclus. S'il y a une chose que j'adore dans leur aventures, c'est le fait que souvent, et c'est le cas dans le dessin présenté, les personnages regardent le lecteur formant ainsi une sorte de complicité, de communication entre eux et nous entendus comme « narrataires » dirait la théorie littéraire.

Mais quelle est la raison de leur présence dans le blogue? Eh bien, c'est en raison de leurs réflexions souvent folles, toujours drôles et franchement rafraîchissantes. Dans la bande ci-contre, les deux comparses devisent sur une catégorie grammaticale, les pronoms, thème du cours de tutorat donné cette semaine. Sans plus tarder,voici Calvin et Hobbes  qui pensent qu'un pronom est « Un nom qui a perdu son statut d'amateur. » Non mais, avouez qu'elle est très bonne cette blague! - Professeur C.



jeudi 28 mars 2013

Les sportifs français aussi s'emmêlent les pinceaux

Les 3 membres du Sportnographe. Crédit photo La Presse.
Connaissez-vous le Sportnographe? «J'espère.» dirait un ami de la «famiglia». (Oups! il me faut faire gaffe avec l'OQLF. Elle est sur les dents ces derniers temps.) M'enfin, toujours est-il que si vous désirez rigoler un peu des erreurs de français qui se disent sur les ondes de nos diffuseurs québécois et de ceux de France, il vous faut consulter cette page au bout de ce lien:   http://www.sportnographe.com/les-sportifs-francais-aussi-parlent-tout-croche-19985.html Si vous tendez bien l'oreille vous entendrez des âneries telles que : «Prêcher pour sa propre paroi.» ou «Il faut qu'on tire tous dans le même bateau.» Remarquez que ces erreurs ont le bonheur de créer de magnifiques images.  - Professeur C. 

lundi 25 mars 2013

À propos de la musique québécoise et celle de Pierre Lapointe


Alain Brunet, blogueur du site La Presse pour la
section musique. 
Alain Brunet est le chroniqueur musical du site électronique du journal La Presse. Dans un de ses billets du mois de février, il a écrit un texte portant sur la musique de Pierre Lapointe, un chanteur québécois bien en vue au Québec. De son billet, je retiens la leçon d'histoire linguistique qu'il nous propose, à savoir, « Pourquoi parlons-nous joual de ce côté de l'Atlantique? » Personnellement, je pense que le texte de Monsieur Brunet pose des questions intéressantes et amène des réponses tout aussi intelligentes. Voilà, je suis maintenant un lecteur d'Alain Brunet, blogueur du site La Presse. - Professeur C. 
Pierre Lapointe, Moran, le français normatif - Billet de blogue d'Alain Brunet
Côté chanson, le français normatif demeure suspect en Amérique. La chanson ainsi écrite se présente au bâton avec deux prises. Y a-t-il méprise ?
De ce côté de l’Atlantique, le déclin du français normatif remonte à la Révolution tranquille, enfin depuis que la langue familière d’ici a pris sa revanche sur le français des classes dominantes. Réservé aux curés, médecins, notaires, petits bourgeois et personnalités des arts classiques, ce français jugé exemplaire était très souvent une pâle imitation du français d’Europe. C’était aussi l’expression d’un colonialisme lointain, suranné, empesé. Lorsque la puberté souverainiste fut venue, «bien perler» devint répréhensible, l’expression d’une acculturation révolue.
À partir de là, intellectuels et artistes progressistes d’ici se sont appliqués à rehausser leur langue familière, à en débusquer les images les plus belles, à rendre notre joual littéraire et poétique. Inutile d’ajouter que les auteurs de chansons sont allés au front de cette mutation émancipatrice. Certains sont parvenus à leurs fins. Successeurs de Félix Leclerc et Gilles Vigneault, Claude Péloquin, Réjean Ducharme (dans son oeuvre chansonnière et non dans la romanesque), Marcel Sabourin, Jean-Pierre Ferland (deuxième période), Plume Latraverse, Richard Desjardins, Pierre Harel, Michel Rivard, Pierre Flynn, Louise Forestier, Sylvain Lelièvre. On en passe, bien évidemment. Ces paroliers de talent ont réussi à colorer une langue française certes maîtrisée mais en l’émaillant de savoureuses expressions d’ici. D’un rythme d’ici. D’une vision du monde en phase avec le territoire. À n’en point douter, ces auteurs ont participé à la création d’une authentique littérature chansonnière de la société francophone d’Amérique.
Chacun sait que la chanson fut un véhicule privilégié de ce renouveau linguistique, fondé sur l’assomption de plusieurs siècles d’américanité. Depuis les années 60, donc, le joual signifiant l’a même emporté sur le québécois de bon aloi et cette langue familière magnifiée a carrément éradiqué tout français normatif de son passage. Mara Tremblay, Fred Fortin, Daniel Boucher, Lisa LeBlanc, Dany Placard, Keith Kouna, Mario Peluso, Olivier Langevin et autres Catherine Durand illustrent bien la santé apparente de ce joual signifiant. Bernard Adamus, Stéphane Lafleur, Martin Léon ou Fred Pellerin en transcendent carrément l’approche.
Pourquoi alors s’escrimer à écrire en français international ? Pourquoi Pierre Lapointe et Jean-François Moran, qui font leur rentrée cette semaine, s’y appliquent-ils donc ? En général, on observe que les régionalismes ne sont pas légion dans leurs rimes. À l’évidence, leur poésie chansonnière exploite un vocabulaire et des aspirations stylistiques plus proches du français international que du français régional.
Très souvent, les auteurs québécois de ce type sont jugés à tort pour avoir choisi d’écrire ainsi. Côté public, il s’en trouve encore beaucoup pour y conclure au trou du cul de poule, au maniérisme, à l’acculturation. À une écriture ampoulée, tarabiscotée, empruntée. À une langue «qui ne nous ressemble pas».
Lorsqu’on en vient à critiquer de tels artistes pour des raisons autres que celle dont il est ici question (par exemple, cette première partie mal préparée de Pierre Lapointe au Théâtre Maisonneuve, cette voix aux prises avec microbes et/ou virus, ces pertes de mémoire, ces fausses notes dans plusieurs mélodies, cette mauvaise sonorisation de l’orchestre et sa direction clairement déstabilisée) plusieurs en profitent alors pour taper sur ce «bien perler» qui les agace tant.
À tort.
Pierre Lapointe, Moran, sa compagne Catherine Major (qui a fait une brève apparition sur scène lundi soir) et d’autres auteurs de chansons se mesurent à l’entière francophonie. Il ne s’agit surtout pas de dénigrer les autres qui parviennent à écrire de grands textes à partir d’une langue familière qui restera locale sauf exception, mais plutôt de reconnaître ces efforts parfois couronnés de succès.
Et il y a lieu ici de réprimander ceux-là qui méprisent ces efforts et qui ne maîtrisent pas leur langue, soit ce français de base que tout francophone doit maîtriser sans renier les saveurs locales de sa culture. Il y a lieu de réprimander ceux-là qui se confortent dans une langue approximative dont ils ne connaissent pas vraiment les règles (orthographe, grammaire, syntaxe) et la signification exacte des mots. Ceux-là sont bien malvenus de fesser sur ces auteurs de chansons qui s’expriment autrement.

Pierre Lapointe - « Je reviendrai » 

mercredi 20 mars 2013

« On ira faire du shopping. » disent-ils.

Vous ai-je dit que l'OQLF est sur toutes les lèvres? En voici encore un exemple tiré d'un mauvais journal régional écrit par une journaliste encore pire. Quel en est le sujet? C'est celui des affiches de commerces des centres commerciaux de l'arrondissement de Chicoutimi. -Professeur C. 



lundi 18 mars 2013

Les pays de la francophonie

Ah! de la couleur! Comme ça fait du bien. C'est que nous aurons 30 centimètres de blanc demain. Aussi bien faire des provisions. Voici un nuage venant d'une autre catégorie.