Affichage des articles dont le libellé est Langue. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Langue. Afficher tous les articles

lundi 20 janvier 2014

Onze mots

© amanky / Flickr
Un gazouillis de Régis Jauffret est paru sur Twitter. Le voici : 

Voici donc sans plus tarder lesdits mots: 
Cafuné (portugais du Brésil) : caresse dans les cheveux.
Jayus (indonésien) : blague tellement mal racontée et pas drôle qu’elle finit par faire rire.
Kaapshljmurslis (letton) : sensation d’être serré dans les transports en commun.
Kalsarikännit (finnois) : se bourrer la gueule seul chez soi.
Layogenic (tagalog, langue des Philippines) : personne attirante mais seulement de loin.
Pana Po’o (hawaïen) : se gratter la tête pour aider à se souvenir.
Schadenfreude (allemand) : joie tirée du malheur d’autrui.
Slampadato (italien) : individu accro aux cabines UV.
Tartle (écossais) : moment gênant où l’on a oublié le prénom de quelqu’un alors qu’on fait les présentations.
Voorpret (néerlandais) : sentiment d’excitation ressenti à l’approche d'un super événement. 
Bon, il est vrai que certains mériteraient d'être plus courts! 

vendredi 13 décembre 2013

P.K. ! P.K. !

Un bon nombre de partisans du Tricolore souhaite que P.K. Subban signe une longue prolongation de contrat les Canadiens de Montréal cette saison. Le défenseur de 24 ans a remporté le trophée Norris lors de la campagne 2012-2013 et cette année, l’athlète originaire de Toronto connaît encore du succès dans l’uniforme du CH.
Vendredi, après l’entraînement des siens, Subban a abordé le sujet voulant que les joueurs qui paraphent une longue entente à Montréal doivent parler français.
« Apprendre le français, c’est important pour moi. Il ne faut pas oublier que nos amateurs, en grande partie, sont francophones », a dit Subban
« Je dois en faire plus. C’est ma quatrième année ici. J’ai beaucoup d’amis à Montréal et je suis conscient de la culture du Canadien. Et les gens apprécient ça. Ça doit être une priorité (de parler français) pour les joueurs qui sont ici (à Montréal) pour longtemps », a-t-il précisé.
« Tu as beau savoir qu’il y a des tas de gens qui parlent anglais à Montréal, il ne faut pas oublier que nous sommes au Québec. Le Québec, c’est grand. »
Bref, avec les propos mentionnés précédemment, Subban vient probablement de se faire plusieurs autres admirateurs. Plusieurs amateurs de hockey, et plus précisément des Canadiens, apprécieront le point de vue du « quart-arrière » du CH par rapport à la langue de Molière et les francophones qui sont fanatiques du club montréalais. 
Merci à www.25stanley.com pour l'article! 

jeudi 3 octobre 2013

De la syntaxe sportive

Quelle est l'erreur qui se retrouve dans cette phrase de Dany Dubé? (Même les meilleurs s'enfargent.)



À bien y penser, il y a plein de travail à faire dans cette phrase! La correction? Humm... elle pourrait ressembler à ça: « Effectivement, la situation dans laquelle se trouve George Parros est regrettable et du coup, tout le monde éprouve beaucoup de sympathie à son égard. »

mercredi 28 août 2013

Lu sur Twitter


Eh bien, je pourrais ainsi dire qu'il faut que je répète mes exposés oraux avant d'entrer en classe afin que je ne sois pas sous l'effet du stress devant mes classes.

Professeur C.

lundi 27 mai 2013

Faire du sport, c'est devenir polyglotte ?

Crédit photo: www.topnews.in
C'est la dernière semaine de billets sur le blogue du Participe. Wouhou!

Le site Toile F1 nous apprend que Nico Rosberg a enlevé les honneurs du Grand Prix de Monaco, hier le dimanche 26 mai, une épreuve qui a été marquée par de violents accidents dont les victimes ont été Felipe Massa  (un habitué des accidents graves) et Pastor Maldonado. D'ailleurs, Massa a été transporté à l'hôpital pour fins d'examens tandis que le choc impliquant Maldonado a forcé une interruption de l'épreuve durant une vingtaine de minutes. Mais la raison pour laquelle je veux vous parler de Nico Rosberg est que le jeune homme, un pilote de Formule 1 qui commence à retrouver les traces de son père Keke, parle 5 langues dont le français bien évidemment. 

Ah! quel bonheur que de sortir des sentiers battus de la grammaire pour parler un peu d'autre chose! Soit dit en passant, cette fin de semaine en est une particulièrement intéressante dans le grand monde du sport. (Je n'ai pu trouver de référence française en ce qui concerne le tournoi de golf qui se déroule aux États-Unis.) 

En effet,  la région parisienne accueille cette semaine les meilleures raquettes (c'est une métonymie) du
Crédit photo: www.santabanta.com
monde dans le cadre du tournoi nommé Roland-Garros.Parmi mes préférés se trouve Roger Federer (qui vient tout juste d'entrer dans la monde de la twittosphère). Mais saviez-vous qu'il partage une caractéristique avec Nico Rosberg? Eh bien sachez que le champion helvète parle couramment 5 langues aussi. Ainsi, l'allemand, l'anglais, le français, le suédois entre autres font partie de ses connaissances linguistiques. 


C'est donc à se demander si le sport et la linguistique sont jumelés par une quelconque façon.  De ce pas, je m'en vais courir quelques kilomètres. Peut-être reviendrai-je en parlant couramment l'italien. (C'est un vieux fantasme que j'ai dû me fabriquer en lisant Roméo et Juliette ou en regardant le Canal Évasion.) 

Je vous invite à regarder cette courte vidéo de quelques faits saillants des joutes jouées par Federer. Mais plus encore, soyez attentifs à la cinquante-septième seconde. Vous verrez le Federer Express faire le coup entre les jambes. Foudroyant!



vendredi 24 mai 2013

À propos d'Érik Orsenna

Voici ce qu'on peut trouver sur le site du Figaro...

Anecdote : C'est à cause de ses otites répétées qu'Erik Orsenna a écrit La grammaire est une chanson douce, livre qui allait passionner les Français et le poussa à en écrire d'autres sur le subjonctif, les accents, la ponctuation, les mots… Il l'explique avec cette verve qui ne le quitte jamais: «L'idée de départ était simple. Je ne comprenais pas les questions que l'on posait en français à mes enfants. Les instituteurs n'osaient pas dire grammaire, on disait “Observation réfléchie de la langue”: ORL. C'était
un cauchemar. D'ailleurs, j'avais de nombreuses otites!» Pour rendre moins ennuyeuses les leçons de ses enfants, il décide donc de rédiger un conte qui rencontre un immense succès.

Un quatuor : L'accueil a été tel que des suites lui ont été réclamées:Les Chevaliers du subjonctifLa Révolte des accents, puis Et si on dansait? (sur la ponctuation). Au total, plus de 1,2 million d'exemplaires ont été vendus. 

La finale: Aujourd'hui, Erik Orsenna clôt la série avec La Fabrique des mots. Cette fois, Jeanne devra défier un dictateur qui veut brûler les dictionnaires et réduire le monde en douze verbes et supprimer tous les autres mots…

vendredi 10 mai 2013

Un gain de terrain

La une d'hier, le jeudi 9 mai, du journal montréalais La Presse avait quelque chose d'intéressant et de surprenant à raconter à propos du monde linguistique québécois, à savoir un gain de popularité (peut-on appeler cela ainsi?) pour les immigrants qui viennent s'installer chez nous.

Pour être bien honnête, il y a longtemps que je souhaitais présenter dans le blogue du Participe la une d'un grand quotidien et non pas celle d'un tabloïd.

« Non, madame, ça c'est le Journal de Québec. Nous, c'est le journal Le Soleil. Non, eux, c'est un tabloïd  nous, c'est un vrai journal. Oui, c'est ça, le grand format. Ça n'entre pas dans votre boîte aux lettres...» - Robert Lepage, La Face cachée de la Lune. 

Il m'arrive parfois de consulter quelques pages frontispices, notamment celle du L.A. Times de même que celle du Devoir afin de m'informer très rapidement de tout ce qui a pu se passer dans le monde. Mais ce sont rarement des bonnes nouvelles qui nous sont présentées. (Je retiens toujours un peu mon souffle en regardant le travail du New York Post sachant fort bien que celui-ci bâtira sa une en axant ses nouvelles sur les trois grands thèmes des journaux à sensation que sont le sang, le sexe et le sport. ) 

De là tout l'intérêt de montrer cette nouvelle concernant la langue de Molière. Mais, disons-le entre nous, il ne la reconnaîtrait guère s'il pouvait l'entendre aujourd'hui après 4 siècles d'interruption. S'écrierait-il « Ah! c'est du joli! » tout comme le titre de la chronique de Foglia?

- Professeur Dom qui a remarqué que le titre d'un autre article de cette une est emprunté à Choderlos de Laclos. Collard.

mercredi 8 mai 2013

D'autres preuves à écrire sur le mur de la honte


Aussi bien rire un peu des commentateurs sportifs couvrant les activités du Club de hockey Canadien parce que dans deux jours, il se peut fort bien qu'on parle de la saison 2012-2013 au passé. À ce sujet, il faut remercier tout spécialement l'arbitrage de la « Ligne nationale de hockey » (non, ce n'est pas une erreur, c'est plutôt une pointe assassine que la rédaction souhaite mettre en évidence.) 

Pour ce qui est de l'aspect linguistique de la phrase de monsieur Grégoire placée ci-bas, on peut penser qu'il voulait plutôt dire que « [...] ça ne vole pas haut.» 

-Professeur Dominic qui a choisi de ne plus écouter de matchs Collard



mardi 7 mai 2013

Le français est mis en échec!

En regardant le blogue du Sportnographe, j'en viens à la conclusion que les gens qui l'écrivent à quatre mains aiment beaucoup le français lorsqu'il est bien parlé. Mais, sur la planète hockey, force est de constater qu'il est sévèrement mis en échec. Comme disait l'un des personnages de François Pérusse : « Ça donne mal à tête. » de l'entendre. - Collard Professeur Dom ou quelque syntaxiquement chose ça comme donné.
Habs Go Go !

Jeu: Corrigez cette phrase afin qu'elle devienne parfaite. Ouf! J'ai hâte de voir les réponses! 

lundi 29 avril 2013

Tout est une question de musculation


Whoua...il y aurait une bonne blague de « mononcle » à faire avec cette phrase-là. 
_________________________________________________________________-
Le billet portant sur la quadruple négation de Monsieur Zambito Zampino a atteint les 100 lectures et quelques poussières. Bref, un billet sur un record de négations a atteint un record de lecture du mois d'avril. C'est une mise en abyme. 

jeudi 25 avril 2013

Une langue bleue!



...mais elles ne parlent pas. 
-Professeur « avoir la langue bien trop longue est une expression qui signifie parler trop » C. 

mercredi 24 avril 2013

Le centième billet publié

Mais comment écrit-on centième comme il le faut? Voyons ce que l'Office de la langue française nous propose. -Porfesseur C.


lundi 15 avril 2013

Le joual

Par Marie-Ève Girard, stagiaire au Participe

Michel Tremblay, dramaturge québécois. Crédit photo: www.lapresse.ca
Vous souvenez-vous de la dictée diagnostique qui vous a été donnée en début de session? Il y était question de l’auteur Michel Tremblay et de son œuvre, qui met en avant-plan le joual, un sociolecte1 québécois.



Le terme « joual » fait son apparition dans les années 1930 un peu partout au Canada francophone et ailleurs. À l’époque, le mot sert à ridiculiser des gens appartenant à une certaine classe sociale, qui prononcent « joual » au lieu de « cheval » par manque d’éducation ou par goût.2 Comme vous l’avez sans doute remarqué, il existe deux variations de français au Québec : il s’agit du français international ou encore du français écrit, et du français oral aussi appelé plus communément le français québécois. Le français international est le français qui nous est enseigné dans les établissements scolaires, celui qui est utilisé dans les livres, bref il s’agit d’un français dépourvu de toute connotation et qui demeure le même peu importe le pays francophone d’origine de son locuteur. Le français québécois, quant à lui, est la variété de la langue française parlée par la majorité des Québécois. Il est empreint de certaines particularités linguistiques telles que la disparition du ne précédant le pas dans un énoncé négatif (« Je ne parle pas. » sera dit « Je parle pas. ») et l’ajout de la particule tu lorsqu’on pose une question directe (« Tu y vas-tu? »), pour n’en nommer qu’une infime partie.

Le français québécois lui-même se déploie en un éventail de variétés régionales et l’une d’elle est le joual. Il s’agirait d’une variété issue de la culture populaire urbaine de la région de Montréal. Le joual possède des particularismes phonologiques, lexicaux et morphosyntaxiques proches de ceux de certaines régions de la France (au nord de Bordeaux et à l’ouest de Paris). Les a du joual sont prononcés à l’arrière de la cavité buccale, ce qui les rapproche plus du son o. La diphtongue3 y est fréquente et on y trouve des prononciations telles que moé pour moi et artourner pour retourner.

À partir de 1950, le joual a tranquillement gagné des lettres de noblesse. Certains locuteurs en ont fait leur orgueil, blason de leur fierté d'être Québécois.  L'un des artistes le plus connu de ce courant est nul autre que Michel Tremblay, qui a intégré le joual à ses pièces de théâtre. À l’époque, les normes du théâtre canadien-français étaient basées sur l’élitisme et Michel Tremblay a courageusement brisé les conventions de l’époque en restant authentique et fidèle, jamais honteux, face à la réalité québécoise.
Tintin parle aussi le joual depuis 2009 dans l'une des
 nombreuses traductions de l'oeuvre de Hergé. Crédit image:
http://journalmetro.com/culture/19121/des-le-21-octobre-tintin-parlera-le-joual/

Plusieurs écrivains et artistes québécois s’en sont servis comme véhicule de leur pensée artistique. Le joual a même gagné, au cours d’une certaine époque, une valeur identitaire. 

Aujourd’hui, la définition du terme joual est en flottaison. De nombreux débats linguistiques s’attardent sur le sujet, qu’ils proviennent de Georges Dor4 qui le perçoit de manière très péjorative ou de Marty Laforest5 qui en offre une vision plus compréhensive axée sur des recherches rigoureuses. Quoi qu’il en ressorte, souhaitons simplement que les Québécois prendront un jour conscience de la richesse et de l’unicité de leur variété de français et cesseront de souffrir d’insécurité linguistique.


 _________________________________________________________________________________
1 En linguistique, un sociolecte est le parler d'un groupe social, d'une classe sociale ou de toute catégorie se distinguant par une « culture intime ».

2André Laurendeau, éditeur en chef du quotidien Le Devoir.

3Une diphtongue est une voyelle dont le point d'articulation varie entre deux sons de base pendant sa réalisation. Ex : Ma maère au lieu de ma mère.

4Dor, Georges. Anna braillé ène shot (Elle a beaucoup pleuré). Éd. Lanctôt, 1996,191 p.

5Laforest, Marty. États d’âme, états de langue, essai sur le français parlé au Québec, 1997, Nuit blanche éditeur, 143 p.


samedi 13 avril 2013

Pas de « momentum » seulement de l'impulsion

Pour la prochaine image tirée de Twitter et bien sûr de Radio-Canada, lisez d'abord ce fil de nouvelles en commençant par le bas. Voilà. Vous êtes maintenant un pro des gazouillis. Maintenant, espérons que Phil Mickelson puisse profiter de l'impulsion qu'il s'est donnée pour remonter au classement du Tournoi des Maîtres -Professeur C. 


jeudi 11 avril 2013

Jeu: Jusqu'où te mènera ta langue?

Le mois d'avril amène plusieurs plaisirs dont celui de la découverte des textes contenus dans la revue Jeu qui discute ce mois-ci (mon verbe est absolument exquis) de la parole. À juste titre, la question que pose la couverture est fort à propos en ce qui concerne Le Participe. « Jusqu'où te mènera ta langue?» Le professeur que je suis (et le blogueur aussi) espère que ses élèves qui viennent échouer sur les berges de notre Centre d'aide, seront menés vers la réussite de l'épreuve unifirme uniforme et éventuellement vers les portes de l'université. Je n'ai qu'un seul regret en ce qui concerne cette revue, c'est bien qu'il n'y a aucun article qui nous informe sur le travail de Robert Lepage, dramaturge québécois. Il est vrai, me direz-vous que son «cinéma» présenté sur les silos de la Bunge dans le port de Québec prendra fin au terme de l'été.  - Professeur C. 

Voici donc comment on présente la revue sur le site éponyme. 

Avec ce dossier, qui réunit dix des nombreuses scènes, confessions et plaidoiries entendues lors de l’une ou l’autre des soirées Jusqu’où te mènera ta langue?, nous avons voulu traduire la diversité des tons et l’acuité des prises de parole. Marcelle Dubois, directrice artistique et générale du Festival du Jamais Lu, définit superbement l’esprit d’une soirée qui est en train de devenir emblématique de son événement: «Demander à ces jeunes porte-parole de notre société de parler de notre actualité sans censure et sans ambages, c’est nous permettre de réfléchir ensemble, de faire exploser nos carcans intellectuels, mais surtout d’appartenir à la même communauté qui espère davantage que ce qu’on lui offre.»Martin Faucher, idéateur et metteur en scène de la soirée, nous rappelle que «les auteurs dramatiques sont des libres penseurs qui peuvent brillamment éclairer notre nuit des temps». Suivent les textes contrastés de Fanny BrittSébastien DavidPhilippe DucrosEmmanuelle JimenezAnnick LefebvreCatherine Léger, Jean- François NadeauDominick Parenteau-LebeufCatherine Voyer-Léger et Anne-Marie White.

vendredi 5 avril 2013

Un Anglais pour protéger le français; un loup dans la bergerie?


Crédit photo: www.jeuenligne.ca
Voilà ce qu'écrivait ce matin Sophie Durocher dans un quotidien bien connu de la région de Montréal. 

Êtes-vous bien assis ? Un Anglais vient d'être nommé à l'Académie française. Voilà, boum.
Oui, vous avez bien lu : c’est un Britannique, dont la langue maternelle est l’anglais, qui n’a appris le français qu’à partir de 11 ans, qui va siéger à la prestigieuse Académie chargée de protéger et valoriser la langue française !


Il va décider quel mot doit entrer dans le dictionnaire ou si on doit changer l’orthographe d’un mot.
Bref, c’est un Anglais qui va nous dire comment parler français !
Vous pensez que « le loup est entré dans la bergerie », ou que « le diable est aux vaches » ? Attendez deux minutes.

Michael Edwards, né à Londres il y a 75 ans, affirme haut et fort que le plus grand danger pour le français … c’est l’anglais!

Michael Edwards. Crédit photo : Le Figaro
Et il affirme que les intellectuels francophones ne devraient pas être forcés de parler en anglais.
Ça, ça risque de faire plaisir à Pauline Marois.
PAS UNE BLAGUE

Je vous avoue que j’ai d’abord cru à un poisson d’avril : un anglophone nommé à l’Académie française, institution qui existe depuis 1635 pour sauvegarder la pureté du français… Diantre!
C’est comme si on nommait un végétarien à la tête de la Fédération des producteurs de porc…
Mais c’est pourtant bien vrai. Michael Edwards est un poète, traducteur, auteur et grand francophile marié à une Française, qui a la citoyenneté française depuis 10 ans et qui s’exprime dans un français absolument impeccable.

Et dans sa première entrevue avec l’Associated Press, il fait des déclarations étonnantes.
ATTENTION DANGER...
Selon lui, le plus grand ennemi du français est l’anglais.

« Je ne pense pas que ce soit de la paranoïa. Je pense qu’ils ont raison. L’anglais est une menace. Mais ce n’est pas le vrai anglais qui menace le français, c’est le mauvais anglais, une sorte de lingua-anglica qui n’est pas correcte et qui envahit le français à travers toutes sortes d’expressions qui sont inutiles. »Il affirme aussi qu’il y a une menace encore plus insidieuse et plus grave encore : de plus en plus on demande aux francophones de communiquer en anglais pour des raisons professionnelles. Il trouve ça « très dangereux ».

« La langue est un organisme vivant. C’est une façon de penser, une mémoire. C’est important qu’un philosophe francophone pense en français sinon il devient rien de moins qu’un philosophe anglais. »

Et Edwards rappelle que la défense du français va en diminuant en France. En 2006, le président
Sophie Durocher, journaliste
Jacques Chirac était sorti d’un sommet de l’Union européenne pour protester contre le fait qu’un homme d’affaires français s’adressait aux membres en anglais. Mais pas plus tard que le mois dernier, à une conférence de presse en Suède, le ministre français des finances a pris des questions en français… et y a répondu en anglais pour satisfaire les interlocuteurs du monde entier…
ANGLAIS = DANGER

Je ne sais pas ce que Michael Edwards penserait du PQ qui encourage ses troupes à refuser de parler anglais au reste du Canada.
Mais j’espère que nos chroniqueurs canadiens-anglais vont lire ce qu’il dit sur la menace de l’anglais.Quand un francophone crie « anglais=danger» il fait rire de lui. Quand c’est un Anglais qui le dit, il va peut-être être pris au sérieux.

lundi 25 mars 2013

À propos de la musique québécoise et celle de Pierre Lapointe


Alain Brunet, blogueur du site La Presse pour la
section musique. 
Alain Brunet est le chroniqueur musical du site électronique du journal La Presse. Dans un de ses billets du mois de février, il a écrit un texte portant sur la musique de Pierre Lapointe, un chanteur québécois bien en vue au Québec. De son billet, je retiens la leçon d'histoire linguistique qu'il nous propose, à savoir, « Pourquoi parlons-nous joual de ce côté de l'Atlantique? » Personnellement, je pense que le texte de Monsieur Brunet pose des questions intéressantes et amène des réponses tout aussi intelligentes. Voilà, je suis maintenant un lecteur d'Alain Brunet, blogueur du site La Presse. - Professeur C. 
Pierre Lapointe, Moran, le français normatif - Billet de blogue d'Alain Brunet
Côté chanson, le français normatif demeure suspect en Amérique. La chanson ainsi écrite se présente au bâton avec deux prises. Y a-t-il méprise ?
De ce côté de l’Atlantique, le déclin du français normatif remonte à la Révolution tranquille, enfin depuis que la langue familière d’ici a pris sa revanche sur le français des classes dominantes. Réservé aux curés, médecins, notaires, petits bourgeois et personnalités des arts classiques, ce français jugé exemplaire était très souvent une pâle imitation du français d’Europe. C’était aussi l’expression d’un colonialisme lointain, suranné, empesé. Lorsque la puberté souverainiste fut venue, «bien perler» devint répréhensible, l’expression d’une acculturation révolue.
À partir de là, intellectuels et artistes progressistes d’ici se sont appliqués à rehausser leur langue familière, à en débusquer les images les plus belles, à rendre notre joual littéraire et poétique. Inutile d’ajouter que les auteurs de chansons sont allés au front de cette mutation émancipatrice. Certains sont parvenus à leurs fins. Successeurs de Félix Leclerc et Gilles Vigneault, Claude Péloquin, Réjean Ducharme (dans son oeuvre chansonnière et non dans la romanesque), Marcel Sabourin, Jean-Pierre Ferland (deuxième période), Plume Latraverse, Richard Desjardins, Pierre Harel, Michel Rivard, Pierre Flynn, Louise Forestier, Sylvain Lelièvre. On en passe, bien évidemment. Ces paroliers de talent ont réussi à colorer une langue française certes maîtrisée mais en l’émaillant de savoureuses expressions d’ici. D’un rythme d’ici. D’une vision du monde en phase avec le territoire. À n’en point douter, ces auteurs ont participé à la création d’une authentique littérature chansonnière de la société francophone d’Amérique.
Chacun sait que la chanson fut un véhicule privilégié de ce renouveau linguistique, fondé sur l’assomption de plusieurs siècles d’américanité. Depuis les années 60, donc, le joual signifiant l’a même emporté sur le québécois de bon aloi et cette langue familière magnifiée a carrément éradiqué tout français normatif de son passage. Mara Tremblay, Fred Fortin, Daniel Boucher, Lisa LeBlanc, Dany Placard, Keith Kouna, Mario Peluso, Olivier Langevin et autres Catherine Durand illustrent bien la santé apparente de ce joual signifiant. Bernard Adamus, Stéphane Lafleur, Martin Léon ou Fred Pellerin en transcendent carrément l’approche.
Pourquoi alors s’escrimer à écrire en français international ? Pourquoi Pierre Lapointe et Jean-François Moran, qui font leur rentrée cette semaine, s’y appliquent-ils donc ? En général, on observe que les régionalismes ne sont pas légion dans leurs rimes. À l’évidence, leur poésie chansonnière exploite un vocabulaire et des aspirations stylistiques plus proches du français international que du français régional.
Très souvent, les auteurs québécois de ce type sont jugés à tort pour avoir choisi d’écrire ainsi. Côté public, il s’en trouve encore beaucoup pour y conclure au trou du cul de poule, au maniérisme, à l’acculturation. À une écriture ampoulée, tarabiscotée, empruntée. À une langue «qui ne nous ressemble pas».
Lorsqu’on en vient à critiquer de tels artistes pour des raisons autres que celle dont il est ici question (par exemple, cette première partie mal préparée de Pierre Lapointe au Théâtre Maisonneuve, cette voix aux prises avec microbes et/ou virus, ces pertes de mémoire, ces fausses notes dans plusieurs mélodies, cette mauvaise sonorisation de l’orchestre et sa direction clairement déstabilisée) plusieurs en profitent alors pour taper sur ce «bien perler» qui les agace tant.
À tort.
Pierre Lapointe, Moran, sa compagne Catherine Major (qui a fait une brève apparition sur scène lundi soir) et d’autres auteurs de chansons se mesurent à l’entière francophonie. Il ne s’agit surtout pas de dénigrer les autres qui parviennent à écrire de grands textes à partir d’une langue familière qui restera locale sauf exception, mais plutôt de reconnaître ces efforts parfois couronnés de succès.
Et il y a lieu ici de réprimander ceux-là qui méprisent ces efforts et qui ne maîtrisent pas leur langue, soit ce français de base que tout francophone doit maîtriser sans renier les saveurs locales de sa culture. Il y a lieu de réprimander ceux-là qui se confortent dans une langue approximative dont ils ne connaissent pas vraiment les règles (orthographe, grammaire, syntaxe) et la signification exacte des mots. Ceux-là sont bien malvenus de fesser sur ces auteurs de chansons qui s’expriment autrement.

Pierre Lapointe - « Je reviendrai » 

lundi 18 mars 2013

Une semaine particulière

Je laisse la parole à Gallimard et  feu Albert Camus:


Voilà. C'est la Semaine de la langue française. Défi de la semaine: soigner sa langue. Si je voulais être méchant, je dirais que les gens qui ne veulent pas se faire prendre en erreur ne pourraient pas dire grand chose! Allez, « On y va! » dirait une excellente amie à moi.