mercredi 2 novembre 2016

Silence, l’horloge tourne ! Acclamons le héros !

Les capsules linguistiques sont de retour !



Silence, l’horloge tourne ! Acclamons le héros !



Qu’ont en commun les mots horloge et héros ? me demanderez-vous. Eh bien, ils commencent tous les deux par la lettre h. Là s’arrête leur ressemblance. Dans le mot horloge, l’élision est possible, tandis que, dans le mot héros, ce n’est pas le cas. Pourquoi tous ces chichis ? ajouterez-vous.
Tout d’abord, le h muet ne représente aucun son, un peu comme l’absence de bruit de la télévision quand vous appuyez sur la touche Mute. Tous les mots commençant par un h muet, comme horloge, se comportent de la même façon que les mots commençant par une voyelle à l’écrit et à l’oral. Le h muet permet donc l’élision à l’écrit et la liaison à l’oral.


Exemples

  Mots commençant par une voyelle                                    Mots commençant par un h muet

- L’arbre (élision); Les(z)arbres (liaison)                            - L’horloge (élision); Les(z)horloges                                                                                                             (liaison)

- L’ami (élision); Les(z)amis (liaison)                        - L’histoire (élision); Les(z)histoires           (liaison)

- Je m’échappe (élision)                                                      - Je m’habitue (élision)


Par ailleurs, le h aspiré ne commande pas, comme on pourrait s’y attendre, une aspiration mais une disjonction avec les mots qui le précèdent. Ces mots se comportent comme s’ils commençaient par une consonne par rapport au mot précédent[1]. Le h aspiré, comme dans le mot héros, interdit donc l’élision à l’écrit et la liaison à l’oral.


Exemples

 Mots commençant par une consonne                            Mots commençant par un h aspiré

- Le chat (élision); Les(z)chats (liaison)                       - Le héros (élision); Les(z)héros                                                                                                                   (liaison)

- Le poisson (élision); Les(z)poissons (liaison)             - Le harpon (élision); Les(z)harpons                                                                                                         (liaison)

- Le voisin (élision); Les(z)voisins (liaison)                  - Le handicap (élision);                                                                                                                                 Les(z)handicaps (liaison)

- Le château (élision); Un(n) château (liaison)               - Le handicap (élision);
                                                                                          Un(n)handicap (liaison)

- La classe (élision); Les(z)classes (liaison)                   - La hauteur (élision);                                                                                                                                  Les(z)hauteurs (liaison)



De plus, le h aspiré permet, mais n’exige pas, la prononciation peu appuyée du e final, dit muet, du mot précédent.


Exemples

- La longue halte                              - La petite haie
- La rapide hyène                             - La mélodieuse harpe
- Une grave hernie                           - Une importante hausse




Enfin, en cas de doute, vous pouvez vérifier si le h est muet ou aspiré dans différents dictionnaires : dans le Multidictionnaire, le type de h est inscrit explicitement; dans le Robert, on indique le h aspiré par l’apostrophe ( ’ ) qui se trouve devant la transcription phonétique du mot, celle-ci placée entre crochets ([’eRo]); dans le Larousse, un astérisque apparaît devant le mot pour indiquer que le h est aspiré (*handicap).



Maintenant que vous connaissez ces nuances, oseriez-vous acclamer des(z)héros ou demander la heure ?


Sources


OQLF, Banque de dépannage linguistique, « h aspiré », [En ligne] Repéré à [http://bdl.oqlf.gouv.qc.ca/bdl/gabarit_bdl.asp?id=2203] (Consultée le 9 octobre 2016)

OQLF, Banque de dépannage linguistique, « h muet », [En ligne] Repéré à [http://bdl.oqlf.gouv.qc.ca/bdl/gabarit_bdl.asp?t1=1&id=3078] (Consultée le 9 octobre 2016)





Audrey Pépin
Stagiaire au Participe
Étudiante en Enseignement secondaire à l’UQAC



[1] Au point de vue phonétique, on considère plutôt que ces mots commencent par une voyelle.  


vendredi 7 octobre 2016

Les rectifications orthographiques

LES CAPSULES LINGUISTIQUES SONT DE RETOUR !



Les rectifications orthographiques


Avez-vous déjà entendu parler des rectifications de l’orthographe effective depuis 1990 et du guide Le millepatte sur un nénufar indiquant ses caractéristiques ? Peut-être que vous vous sentez aussi perdu que le pauvre millepatte sur son nénufar flottant seul au gré du vent devant tous ces changements. Sachez d’abord que si vous optez pour la nouvelle orthographe ou pour la traditionnelle, vous ne serez pas pénalisé, car les deux graphies sont acceptées.


Sans entrer dans le détail, voici les principales caractéristiques des rectifications orthographiques :

- Les nombres sont toujours reliés par des traits d’union (deux-cent-cinquante-et-un, trois-mille-quatre-cents, quatre-vingts, quatre-vingt-deux).

- Dans certains mots, le trait d’union est remplacé par une soudure; ces mots suivent alors la règle du singulier et du pluriel étant donné qu’ils sont devenus des mots simples (extrafort, infrasonore, intraoculaire, ultracourt). Cependant, le trait d’union est maintenu pour les mots qui causeraient des problèmes de prononciation (extra-utérin).

- La règle du singulier et du pluriel s’applique maintenant aux mots empruntés d’une autre langue (les gentlemans, les matchs, les minimums).

- D’ailleurs ces mots suivent maintenant la règle d’accentuation du français (artéfact, diésel, pizzéria, téquila).

- L’accent circonflexe peut être omis sur les lettres « i » et « u », sauf dans le cas où l’accent circonflexe permet de différencier un mot homophone (du, dû, sur, sûr).

- Le tréma se met sur la lettre « u » qui correspond au son prononcé (aigüe, ambigüe, argüer). Auparavant, on plaçait plutôt le tréma sur la lettre qui n’était pas prononcée.

- Lorsque le participe passé « laissé » est suivi d’un infinitif, il est toujours invariable (Les enfants que nous avons laissé partir...).


Malgré le fait que plusieurs organismes et entreprises aient adopté ces rectifications, bien des gens éprouvent encore des réticences envers elles. Si tel est votre cas, consolez-vous en vous disant que, contrairement au millepatte coincé sur son nénufar, vous pouvez vous échapper de votre ile où vous passez votre temps à jouer de la flute, à yoyoter et à gratter vos piqures d’insectes.


Sources[1]

OQLF, Banque de dépannage linguistique, « Questions fréquentes sur les rectifications de l’orthographe », [En ligne] Repéré à
[http://bdl.oqlf.gouv.qc.ca/bdl/gabarit_bdl.asp?id=3275] (Consultée le 17 septembre 2016)

RENOUVO, 2005. Le millepatte sur un nénufar : Vadémécum de l’orthographe recommandée.  [En ligne] Repéré à [http://csbj.qc.ca/wp-content/uploads/2015/08/reference-vademecum-de-l-orthographe-recommandee.pdf] (Consultée le 16 septembre 2016)




Audrey Pépin
Stagiaire au Participe
Étudiante en Enseignement secondaire à l’UQAC



[1] Médiagraphie conforme à celle présentée dans le Multidictionnaire et dans le Français au bureau.

mercredi 5 octobre 2016

La plupart : un cas facile

LES CAPSULES LINGUISTIQUES SONT DE RETOUR !


La plupart : un cas facile


La plupart des étudiants se demandent comment accorder un verbe s’il est suivi de « la  plupart ». L’accord est très simple et ne nécessite que la mémorisation de deux cas de figure. La plupart sont déjà ravis !

Tout d’abord, si « la plupart » est employé seul, c’est-à-dire sans complément, le verbe s’accorde au pluriel, car on fait implicitement référence à une pluralité d’êtres.

Exemples 
- Les étudiants doivent faire leurs devoirs tous les soirs. La plupart trouvent que c’est un supplice.
- La fin des cours est arrivée, les élèves emballent leurs effets personnels. La plupart sont excités par ce qui les attend pendant les vacances.

Ensuite, si « la plupart » est suivi d’un complément, le verbe s’accorde toujours avec celui-ci : lorsque le complément est au pluriel, le verbe va lui aussi prendre la marque du pluriel; lorsque le complément est au singulier, le verbe va prendre la marque du singulier. Ce dernier cas de figure est toutefois beaucoup plus rare.

Exemples 
- La plupart des bureaux sont bien rangés.
- La plupart des vétérinaires ont en horreur l’euthanasie.
- La plupart de la foule a répondu calmement et en silence.


C’est facile, n’est-ce pas ? La plupart sont déjà rassurés !



Source 

OQLF, Banque de dépannage linguistique, « La plupart », [En ligne] Repéré à [http://bdl.oqlf.gouv.qc.ca/bdl/gabarit_bdl.asp?id=1650] (Consultée le 26 septembre 2016)


Audrey Pépin
Stagiaire au Participe
Étudiante en Enseignement secondaire à l’UQAC